Anglemonde Observatoire de l'anglais

Une députée sud-africaine refuse de parler anglais au Parlement

constitutionalcourtofsouthafrica-entrance-20070622Makoti Sibongile Khawula, députée à l’Assemblée nationale sud-africaine, a informé ses collègues quelques jours avant Noël 2015 qu'elle allait cesser d'utiliser l'anglais au Parlement.

La députée a expliqué qu'elle allait désormais utiliser le xhosa ou le zoulou, les langues de la majorité des citoyens de sa circonscription de la province du KwaZulu-Natal, pour que ceux-ci puissent comprendre le travail qu'elle fait en leur nom.

Le Parlement d'Afrique du Sud a deux langues officielles de travail: l'anglais et l'afrikaans. Les députés ont le droit de s'y exprimer dans les 11 langues officielles du pays, mais les services de traductions simultanées du Parlement ne sont disponibles que dans les deux langues de travail.

Un système de traduction compréhensif de chaque langue officielle vers chaque langue officielle représenterait 121 combinaisons différentes et a été jugé trop dispendieux par les députés.

Paradoxalement, les Economic Freedom Fighters, le parti de madame Khawula, ont publiquement appuyé les étudiants de l'Université de Stellenbosch qui exigent l'imposition de l'anglais comme principale langue d'enseignement et d'administration à l'institution historiquement afrikans.

L'Anglais contre le multilinguisme en Afrique du Sud

Punch_Rhodes_ColossusLes universités d’Afrique du Sud ont étées secouées pendant une bonne partie de l’année 2015 par une série de manifestations, parfois violentes, contre une augmentation des frais de scolarité, l’état général des infrastructures, les conditions de travail et les salaires des employés, le contenu des cours et le progrès encore beaucoup trop lent de l’intégration des Noirs aux universités traditionnellement blanches, 20 ans après la fin de l'apartheid.

À l'Université du Cap, les étudiants ont exigé le démantèlement immédiat d'une statue de l'ancien premier ministre et fondateur de la Rhodésie Cecil Rhodes. La simple présence de la statue de l'impérialiste britannique qui croyait que les Anglais étaient "la meilleure race au monde" et que plus grand était le territoire qu'elle occupait, "le mieux la race humaine s'en portera" était un symbole concret de la lenteur du changement.

Cinquante kilomètres plus loin, à l'université de Stellenbosch, les étudiants s'en sont pris à un autre symbole important du passé: la langue afrikans que les Blancs avaient jadis voulu imposer aux Noirs, ce qui avait provoqué les grandes émeutes de 1976 à Soweto pendant lesquelles de 173 à 700 manifestants étaient morts.

Selon les étudiants de Stellenbosch, l'administration de l'université en principe bilingue prétextait la protection de la langue afrikans pour protéger les privilèges des Blancs.

« Tous les jours, on empêche des étudiants et des employés de l’Université de Stellenbosch qui ne parlent pas l’afrikans d’apprendre et de participer, dénoncent les étudiants dans un communiqué publié au moins d’avril 2015. En tant qu’étudiants noirs on se fait régulièrement demander "pourquoi tu es venu ici si tu ne parles pas l’afrikans?" »

Le résultat, expliquent les étudiants, c'est que 20 ans après la fin de l'apartheid, leur école a plus de professeurs prénommés Johan que de professeurs Noirs.

Au nom de l'égalité de tous, peu importe la langue maternelle, les étudiants regroupés autour du collectif Open Stellenbosh exigent l'adoption de l'anglais en tant que principale langue d'enseignement et d'administration.

Plus de 200 enseignant et employés comme Sandra Liebenberg, professeure en droits de l’homme, appuient les étudiants.

«[C]'est une langue commune qui permet une communication partagée à la fois dans la classe et les activités parascolaires, les résidences, et les environnements communs du campus, écrit-elle dans un texte d’opinion publié au moins de décembre. C’est aussi la langue de facto du commerce, de la politique, de la recherche et du droit, en Afrique du Sud et globalement. »

«Une solide maîtrise de l’anglais est essentielle à la carrière future des diplômés et à leur capacité à fonctionner efficacement dans une Afrique du Sud transformée et un environnement global multiculturel.»

https://youtu.be/sF3rTBQTQk4

L’Université de Stellenbosch est l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses universités d’Afrique du Sud. C’est l’une des rares universités africaines à se classer dans le controversé mais influent Times Higher Education World University Rankings – atteignant le Top 20 du sous-classement des universités du monde émergeant.

Stellenbosch a aussi un lourd passé. C’était l’université de l’élite à l’époque où l’élite ne pouvait être que blanche. C’est l’alma mater de plusieurs anciens premiers ministres et des plus influents théoriciens des politiques ségrégationnistes et racistes de l’apartheid. Nelson Mandela a déjà dit de Stellenbosch que c’était le « berceau du nationalisme afrikaner et de la domination blanche. »

Dans un documentaire diffusé en ligne au mois d’août, des étudiants noirs de Stellenbosh – moins d’un étudiant sur cinq – racontent comment la culture afrikaner y est encore dominante et comment ils ne s'y sentent que tolérés, dans le meilleur des cas.

« Ils disent, ouais, nous avons fait beaucoup d’efforts. Nous avons un service de traduction pour accommoder les étudiants qui ne parlent pas l’afrikans... Mais qui vous a donné le pouvoir de m’accommoder? Pour m’accommoder, vous devez avoir le pouvoir. Vous devez posséder la chose dans laquelle j’entre, dans laquelle je ne suis pas supposé aller. »

Stellenbosch est une université de langue afrikaans depuis sa fondation en 1679, mais l’anglais y a un statut égal depuis 2014. Les étudiants ont officiellement le droit d’utiliser l’anglais, l’afrikans ou, dans la mesure du possible, l'isiXhosa dans toutes leurs communications avec l’université. L’Université encourage les enseignants à donner leur cours deux fois, sois en anglais et en afrikans, et laisse une grande liberté aux facultés pour déterminer la langue appropriée d’enseignement. Un service de traduction simultané est en principe disponible dans tous les cours.

« Stellenbosh n’est pas une université afrikaans, a déclaré le recteur et vice-chancelier de Stellenbosch Wim de Villiers dans son discours inaugural de 2014. Stellenbosch n’est pas une université anglaise; Stellenbosh n’est pas une université isiXhosa; Stellenbosch est une université sud-africaine multilingue. »

Ce prétendu multilinguisme de Stellenbosch est un leurre, selon les étudiants du collectif Open Stellenbosh. Selon eux, l’enseignement en traduction simultanée est un enseignement de seconde classe. Seul l’enseignement en anglais, une langue seconde aussi bien pour la plupart des étudiants noirs que pour les Afrikaaners blancs, permettrait de mettre tous les étudiants sur un pied d’égalité.

Au mois de novembre, les étudiants demandent que l’anglais soit dorénavant :

  • la langue d’enseignement;
  • la langue de tous les livres et les documents utilisés dans les cours;
  • la langue des tests et des évaluations;
  • la langue de l’administration, des communications et des réunions.

Le 12 novembre 2015, le recteur de l’université de Villier donne raison aux étudiants et annonce que l’anglais sera la principale langue d’enseignement et d’administration à Stellenbosch dès 2016. Quelques jours plus tard, 226 professeurs et employés de l’université appuient publiquement la position des étudiants et de l’administration.

Open Stellenbosh proclame la victoire. Vraisemblablement, l’anglicisation fait consensus. L’université ne fait que confirmer un fait, sois que l’anglais est déjà la langue commune de l’université et que l’enseignement en anglais facilite la vie de tous les étudiants, afrikaners compris, comme le raconte une étudiante dans le documentaire d’Open Stellenbosch :

« Le meilleur c’est quand le professeur oublie de parler afrikans. Il fait son cours en anglais et personne ne s’en plaint. Tout d’un coup, il s’en rend compte et demande aux étudiants de lui rappeler de parler afrikans, mais ça n’a aucun sens! Personne ne s’est plaint! »

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Sauf que des étudiants et des enseignants qui veulent protéger et préserver la tradition d’enseignement dans la langue afrikaner se sont plaints et le 30 novembre le conseil de l’université a renversé la décision du recteur et redonné à l'afrikaner un statut égal à celui de l’anglais.

Pour les opposants de l'anglicisation de Stellenbosch, les étudiant qui demandent plus d'anglais au nom de la diversité ethnique et culturelle menacent un autre principe fondateur de l'Afrique du Sud moderne et démocratique: le multilinguisme.

En principe, la constitution protège le droit des sud-africains d’étudier dans chacune des 11 langues officielles du pays mais, dans les faits, il n’y a pas d’université de langue Xhosa, Sotho ou Tswana. (L’Université du Kwazulu-Natal de Durban se prépare à offrir un enseignement en Zoulou d’ici 2028.) Les Afrikaaners sont la seule minorité linguistique qui ont des institutions qui leur permettent d’exercer ce droit au niveau universitaire.

Et encore, alors qu'il y avait 7 universités afrikaners en 1994, il n'en reste plus que deux, explique le professeur d'Histoire Hermann Gilomee:

« Deux de sept universités de langue afrikaans sont passées à l’anglais avant l’an 2000. Depuis 15 ans, 3 autres sont passées à l’anglais ou sont sur le point de le faire. » Selon l'auteur de The Afrikaners, Biography of a people, il n’y a plus que deux universités , Stellenbosch et Potchefstroom, où l’afrikans a encore une chance.

Ces institutions qui ont été créées, on le sait, dans des conditions moins que légitimes, mais Nelson Mandela lui-même a toujours défendu leur droit d’exister. Quand l’université de Stellenbosch lui a octroyé un doctorat honorifique en 1996, le premier président noir a adressé – en afrikansexactement les mêmes questions linguistiques qui divisent aujourd’hui les étudiants :

« [U]n environnement dans lequel l’afrikans peut continuer à se développer en tant que langue académique et scientifique doit être créé et entretenu. En même temps, ceux qui ne parlent pas l’afrikans ne devraient pas être privés d’accès dans le système. (...) [C]'est certainement possible d’arriver à s’entendre que dans un système avec plus de 20 universités il puisse y en avoir au moins une qui aurait comme tâche principale de promouvoir le développement de l’Afrikans en tant que langue universitaire. »

Même avec la politique linguistique actuelle qui donne à l’anglais et à l’afrikans un statut égal, l’anglais prend rapidement toute la place, explique le prof Giliomee.

Les leaders de la contestation étudiante sont majoritairement Noirs, explique-t-il, mais le véritable changement démographique significatif est l’arrivée massive d’étudiants anglophones, majoritairement blancs. « La force motrice du processus d’anglicisation est le Blanc anglophone. Sa part du corps étudiant est passée de 27 % à la fin des années 1990 à 45 % présentement. »

Les étudiants anglophones sont aujourd’hui aussi nombreux que les Afrikaaners à Stellenbosh, et leurs intérêt ont convergé avec ceux des enseignants qui préfèrent travailler en anglais pour faciliter la diffusion de leur travail dans un monde universitaire international de plus en plus anglicisé.

« [N]ous sommes tous affectés par l’émergence de l’anglais en tant que langue dominante de la publication scientifique à l’Ouest. Approximativement 80 % de la mienne est en anglais », admet le professeur Giliomee. « Ce que nous avons c’est une strate d’universitaires de haut niveau et d’administrateurs qui poursuivent leurs propres intérêts au détriment des étudiants et de la communauté élargie de laquelle ils sont issus. »

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Le 9 avril 2015, un mois après le début des manifestations, l’Université du Cap a accepté de démanteler la statue de Cecil Rhodes.

Cela dit, comme un père qui n’approuve pas entièrement de la direction donnée à l’entreprise familiale par ses enfants, mais qui n’en éprouve pas moins de la fierté de voir l’oeuvre de sa vie se perpétuer, le vieil impérialiste ne se serait peut-être pas opposé à la suite des évènements.

Parce que s’il y avait une cause plus chère à Rhodes que l'expansion de l'Empire britannique, c’était l’avancement de la langue et de la culture anglaises en Afrique et dans le monde.

A défaut de ne jamais pouvoir atteindre l'excellence de la "race anglaise", les "races inférieures" pouvaient néanmoins améliorer leur sort en adoptant leur langue et leur culture, croyait-il sincèrement:

« Imaginez ces terres présentement habitées par les spécimens les plus lamentables du genre humain, quelle transformation s’ils étaient introduits sous l’influence Anglo-saxonne. »

L'Empire britannique n'existe plus, mais l'expansion l'empire de la langue anglaise, lui, ne donne aucun signe de ralentissement.

Uber lance UberEnglish dans une quatrième ville

633370840_79e8844092À partir de cette semaine, les utilisateurs d’Uber à Cali en Colombie pourront exiger les services d’un chauffeur qui parle anglais.

Le service UberEnglish a été lancé à l’automne dans la capitale colombienne de Bogota et à Shanghai, en Chine. Le service permet aux clients d’Uber de payer un supplément pour les services d’un chauffeur qui sait parler anglais.

À Shanghai, par exemple, les déplacements Uber English coûtent entre 25 % et 30 % plus cher que les déplacements UberX.

Pour être autorisés à prendre les appels UberEnglish, les chauffeurs doivent réussir un test sur l’app Duolingo, partenaire d’Uber dans le projet pilote.

Pour l’instant, UberEnglish n’est disponible que dans trois villes colombiennes : Bogota, Medellín et Cali, ainsi qu’à Shanghai.

Le retour de l'anglais (et de vieilles angoisses) en Malaisie

2000px-flag_of_sarawak-svgLa décision d'un état fédéré de la Malaisie de faire de l'anglais sa langue officielle alors que le pays est en plein débat sur l'utilisation de l'anglais à l'école réveille de vieilles angoisses et fait craindre pour la paix linguistique dans ce pays multiethnique d'Asie du Sud-Est.

La question de la langue officielle de l’état de Sarawak fait surface alors que la Malaisie s’apprête à réintroduire l’enseignement des mathématiques, de la science, du design et de la technologie en anglais dans les écoles, ce qui n’a pas manqué de fouetter les passions des pours et des contres.

Noor Azimah Abdul Rahim, présidente de PAGE Malaysia, une association de parents en faveur d’une plus grande place pour l’enseignement en anglais croit qu'avec l'anglais officiel,  les habitants de Sarawak « auront plus d’opportunités sur le marché du travail que ceux de la péninsule malaisienne. »

« L’anglais est une langue globale, la langue du savoir, de la science et de la technologie, et aussi de la finance et du commerce. L’anglais est aussi notre langue seconde que nous avons hérité de l’occupation britannique et de laquelle nous avons énormément bénéficié. »

Qu’est-ce qui est arrivé ?

Le ministre en Chef du Sarawak, un état fédéré situé sur l’île de Bornéo, a annoncé le 18 novembre dernier que les fonctionnaires pourraient désormais utiliser l’anglais entre eux et avec les citoyens, en plus de la langue dite nationale, le malais.

Si le ministre en Chef Adenan s’est défendu de vouloir remplacer le bahasa malais par l’anglais, il n'a fait que peu de cas de la controverse que l'annonce allait inévitablement provoquer.

Plutôt que de faire la démonstration que les citoyens de son état avait besoin de l'anglais pour communiquer avec l'administration, le ministre en chef a parlé d'une décision « inévitable » et évoqué les avantages de la  « langue de la science. »

« Je ne suis que pratique et logique,  » a expliqué le ministre en chef.

« Nous ne vivons pas sur la Lune ! »

L’annonce n’a pas manqué de provoquer la colère de plusieurs citoyens de l’ethnie majoritaire qui luttent pour l’utilisation du malais comme langue nationale du pays multiethnique et multilingue depuis l’indépendance.

Les Malais, majoritaire dans la fédération, ne compte que pour 20% des habitants de Sarawak, derrière les Ibans christianisés et les Chinois.

L’association nationaliste malaise Perkasa a affirmé que la proclamation de l’anglais officiel était une  « insulte à la constitution ».

L’ancien ministre Tan Sri Rais Yatim a averti que la mesure risquait de semer la discorde entre les groupes ethniques.

Le Malay Economic Action Council a pour sa part dit craindre que l’anglais ne marginalise davantage les ruraux qui parlent beaucoup moins l’anglais que les habitants des villes.

Sarawhat ?

La Malaisie est une ancienne colonie britannique qui a obtenu son indépendance en 1957. Soixante pour cent des Malaisiens appartiennent à l’ethnie dite malaise, un quart sont Chinois et environs 10 % d’origine tamoule.

Historiquement désavantagés par rapport à l’élite commerçante chinoise, les Malais défendent depuis l’indépendance des mesures de discriminations dites positives culturelles et économiques comme la New Economic Policy de 1971 (depuis abrogée) qui exigeait entre autres que toutes les entreprises publiques qui font des affaires en Malaisie aient au moins 30 % d’actionnaires ethniquement malais.

La langue des Malais, le bahasa Melayu, est la seule langue nationale.

Le Sarawak s’est joint à la fédération en 1963, en même temps que Singapour (qui a depuis changé d’idée.)

L’anglais a été la seule langue officielle de l’état jusqu’en 1974, après quoi l’état s’est rallié à l’usage du malais comme langue administrative commune.

Cela dit, le ministre en chef de l’État maintient que le Sarawak n’a jamais adopté la loi des langues officielles de 1967 et que les conditions de son adhésion à la fédération l’autorisent aussi à utiliser l’anglais en tant que langue officielle.

L’anglais en Malaisie

La politique linguistique officielle de la Malaisie défend et promeut l’utilisation du bahasa malais comme langue commune et instrument d’unité nationale, mais dans les faits, la langue a toujours été en compétition avec l’anglais.

Même si c’est dans une moindre mesure que la langue nationale, l’anglais est encore utilisé dans les législatures et dans l’administration. C’est la langue dominante du système judiciaire.

La langue d’enseignement à l’école est le malais, mais les Chinois et les Tamouls peuvent avoir des écoles dans leur langue, « là où le nombre le justifie ». La conséquence est l’existence de trois réseaux scolaires distincts et plus ou moins ethniquement exclusifs (quoique les écoles où l’on enseigne en mandarin sont de plus en plus populaires et comptent près de 20 % d’étudiants non-Chinois.)

Comme partout dans le monde, l’anglais est omniprésent à l’université et sur le marché du travail. Selon les partisans de l’anglais, même en Malaisie les diplômés qui ne parle pas anglais auraient de la difficulté à trouver du travail.

Pour plusieurs Malais de l’ethnie majoritaire, la réintroduction de l’anglais dans les classes et dans l’administration publique présage son retour au statut de langue commune--comme à l’époque de l’Occupation britannique--et le déclassement du malais au rang de langue ethnique.

Chicane marocaine à propos de la langue d'enseignement des mathématiques

crp384151019Le chef du gouvernement marocain Abdelilah Benkirane a annulé la décision du ministre de l'Éducation nationale, Rachid Belmokhtar, d'introduire le français comme langue d'enseignement des maths et des autres matières scientifiques dans les lycées du royaume à partir de 2016.

« C’est moi que SM le roi a nommé en tant que chef de gouvernement", a tonné Benkirane à la Chambre des conseillers, rapporte Jeune Afrique. "Alors, s’il vous plaît, retirez votre projet qui ne fera qu’attiser le feu."

Le projet de remplacer l'arabe par le français avait soulevé la colère des conservateurs et des islamistes au gouvernement.

Il y un vif débat entre les partisans de l'enseignement en arabe, en français et en anglais au Maroc depuis maintenant quelques années.

Pas plus tard qu'au printemps 2014 le prédécesseur de M. Belmokhtar au ministère de l'Éducation, Lahcen Daoudi, avait déclaré que "le français ne sert plus à rien."

M. Daoudi proposait plutôt d'imposer l'anglais dans les programmes universitaires de génie et de médecine, et que la connaissance de l'anglais soit une condition d'obtention d'un doctorat.

En 2015, un sous-comité du Conseil Suprême pour l'éducation, la formation et la recherche scientifique du Maroc avait recommandé le remplacement du français par l'anglais dans le programme scolaire.

La proposition n'avait pas été retenue dans le rapport final.

Plus de 90% des Marocains vont à l'école publique. L'arabe est la langue d'enseignement, avec l'introduction du français comme matière à partir de la 3e année.

Doubler Disney est aussi nocif que de fumer devant un enfant...: ministère de la Culture espagnol

[caption id="attachment_575" align="aligncenter" width="5000"]lewis_hine_newsies_smoking_at_skeeters_branch_st-_louis_1910 source: Wikipedia[/caption]

Selon le directeur général de l'Institut du Cinéma et des Arts Audiovisuels du ministère de la Culture de l'Espagne, laisser un enfant écouter des dessins animés traduits en espagnol plutôt que dans la version originale est aussi nocif que de fumer devant lui...

"(...) la société et l'industrie doivent savoir que nous avons la responsabilité de laisser un pays meilleur que celui que nous avons reçu, et que même s'il faudra faire un peu plus d'effort pour regarder les films, nous devons les voir dans la langue originale, pour les enfant. De la même façon que nous ne fumons plus à côté d'un enfant, nous avons la responsabilité de faire un peu d'effort en famille et regarder les dessins animés dans la version originale, pour qu'ils apprennent plus tôt à lire et les langues étrangères."

La semaine dernière, le Partido Popular espagnol a promis de favoriser les sous-titres plutôt que le doublage afin de faciliter l'apprentissage de l'anglais et des langues étrangères s'il était réélu.

 

 

Espagne: Mais Maman! Le ministre y dit que la télé en anglais c'est de l'éducation!

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Le Parti Popular du président espagnol Mariano Rajoy propose à ses citoyens de pratiquer leur anglais en écoutant la télé américaine en version originale.

Le programme électoral éducatif et culturel du PP dévoilé au début de décembre propose de favoriser la diffusion de séries étrangères avec des sous-titres plutôt que doublés afin d'aider les Espagnols à pratiquer les langues étrangères.

Il y a depuis quelques années un mouvement #noaldoblaje à travers l'Amérique latine et l'Espagne contre la diffusion de séries américaines en versions traduites. Certains diffuseurs craignent que le doublage n'encourage les auditeurs bilingues à se tourner vers les sites de streaming comme Netflix ou carrément vers le téléchargement illégal.

Selon la firme Mediamétrie, le trois quarts des séries diffusées dans les 13 marchés qu'elle observe (et qui incluent l'Espagne) sont des séries locales.

Une loi pour sauver l'arabe au Qatar

Le Qatar s'apprête a adopter une loi pour s'obliger lui-même a gérer ses propres affaires en arabe plutôt qu'en anglais.

Le petit du Golfe persique (qui selon la règle de l'ordre alphabétique en anglais, sera le voisin du Québec aux Nations Unies quand celui-ci y aura son siège) propose d'adopter une loi pour obliger les ministères, les institutions officielles et les écoles publiques à faire leurs affaires en arabe.

L'arabe est déjà la langue officielle du Qatar, mais dans ce pays ultra-dépendant sur la main-d'oeuvre étrangère, les Qataris ne représentent plus que 20 % des habitants, et l'anglais y est une langue d'usage courante.

Depuis 2012, le Qatar a aussi un règlement qui impose l'arabe comme principale langue de l'affichage commercial.

CL et l'avenir de la pop en anglais

cl_2ne1_by_adystiaa-d6tbjqaimage par Adystiaa sur deviantart

Ok, so PSY, le gars du Gangnam Style, a une nouvelle chanson et un nouveau vidéo et même si tout le monde va en parler cette semaine sur les réseaux sociaux, on peut tout de suite s'entendre que l'improbable tornade médiatique virale qui a brièvement transformé le chanteur coréen en popstar planétaire en 2012 ne se reproduira pas.

Cela dit, le fait que les médias de l'Ouest et des États-Unis parlent du lancement d'une chanson en coréen est un évènement en sois.

On s'entend, Gangnam Style est une aberration. Tout est possible une fois, mais il est  un peu tôt pour affirmer avec le très sérieux magazine d’affaires publiques Foreign Policy que le succès de Gangnam Style prouve que « les schémas d’échanges commerciaux et culturels nord-sud qui ont dominé le monde depuis l’ascendance du colonialisme européen cèdent et font de la place à un soft power inattendu. » 

Cela dit, s'il n'aura fait que ça, PSY aura au moins démontré que contrairement à ce que tout le monde a toujours dit et répété, l'anglais n'était pas une condition non négociable du succès pop planétaire.

En fait, la suite des choses dépend peut-être moins de PSY que de CL, une autre chanteuse coréenne qui va lancer son premier album aux États-Unis cet automne.

Contrairement à PSY avant Gangnam, CL est déjà une authentique star internationale. C'est la plus grande vedette K-Pop, voir la plus grande vedette pop non anglophone, a tenter d'entrer sur le marché de la musique des États-Unis depuis Gangnam.

Est-ce qu'elle va s'en tenir au modèle de Céline Dion qui dit que pour avoir une carrière américaine et authentiquement planétaire il faut reprendre à zéro avec produit exclusivement en anglais, ou est-ce que le succès de Gangnam va lui donner le droit de se présenter aux Américains avec une chanson dans laquelle on entendrait aussi du coréen?

cl_2ne1_by_laaury-d4lotzyimage par Laaury sur deviantart

CL est née à Séoul en 1991 mais elle passe une grande partie de sa jeunesse à Tokyo et Paris avec son père qui est un chimiste et un universitaire. En gros sa biographie est un authentique conte de fée coréen avec des universités prestigieuses, des longs séjours à l'étranger, les écoles privées anglophones de l'élite mondialisée, et finalement une sélection par YG Entertainement, l'un des trois grands cartels de la pop coréenne.

En 2006, CL est assignée à 2NE1, l'un de plusieurs dizaines de girl et boy band que la Corée met en marché chaque année pour dissoudre aussi rapidement. La première chanson du groupe, Lollipop, un jingle enregistré pour une publicité de LG avec le boy band Big Bang, est un hit. 2NE1 obtient le privilège de poursuivre sa carrière. C'est aujourd'hui l'un des 10 artistes les plus téléchargés de l'histoire de l'industrie de la musique en Corée.

Le 2e album de 2NE1, Crush, est choisi parmi les 20 meilleurs albums pop de 2014 par Rolling Stone, alors qu'il n'a jamais été officiellement mis en marché aux États-Unis. La même année Microsoft utilise la chanson I am the Best dans une pub pour la Surface Pro, ce qui a fait entrer la chanson — qui, malgré son titre en anglais, est une chanson essentiellement en coréen — sur les playlistes des radios Top 40 des États-Unis pendant quelques semaines.

Si 2NE1 demeurent inconnues du grand public, elles ont attiré l'attention des patrons du complexe pop-industriel pour qui le projet artistique d'un artiste concerne autant sinon plus son aptitude à représenter des marques que la musique. Des hits, c’est bien, mais des personnalités qui peuvent faire bouger de la marchandise, c’est autre chose.

Vraisemblablement, CL en particulier a ce quelque chose. Elle a grandi en Europe et en Asie et parle anglais comme si elle était née aux États-Unis. (Selon sa biographie officielle sur le site de YG, elle parle aussi coréen, japonais et français.) En entrevue elle dit souvent qu'elle ne se sent ni Coréenne, ni Japonaise, ni autre chose, vraiment. Elle incarne parfaitement le prototype de la jeunesse globale, digitale et anglicisée. Elle a le profil parfait pour représenter l’image planétaire unifiée des grandes marques.

Le magazine de mode Vogue croit qu’elle a ce qu’il faut :

« [Q]u’elle soit à la première rangée des défilés de Chanel et Moschino ou en ville portant les labels dernier cri comme Vetement et Hood by Air, CL ne manque jamais de faire un statement avec ses vêtements. »

En 2014, YG Entertainement annonce le lancement imminent d'un "English Album" solo de CL aux États-Unis. Scooter Braun, le gérant de Justin Bieber, des Black Eyed Peas, Carly Rae Jepsen et Ariana Grande prend en charge sa carrière américaine.  Les attentes sont importantes.

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Avant Gangnam Style, personne ne remettait en cause l'idée reçue que pour avoir un du succès aux États-Unis et à l'échelle globale, il fallait chanter en anglais. À part peut-être Julio Iglesias, tous les artistes qui ont vendu plus de 100 millions de disques dans le monde ont fait l'essentiel de leur carrière en anglais. Dans toute l'histoire de la musique pop aux États-Unis, il y a eu très exactement six numéros un du Billboard qui n'étaient pas en anglais. La dernière chanson qui n'était pas entièrement en anglais à se classer dans le Top 40 aux USA a été la Copa de la Vida de Ricky Martin en 1999.

Les latins sont d'ailleurs les vrais pionniers de la pop polyglotte. Peut-être parce qu'avec 55 millions de Latinos, les États-Unis font partie du monde hispanique, qu'ils le veulent ou non.

Cela dit, s'il y a indéniablement une certaine fluidité linguistique dans leurs lyrics, aucune vedette latine n'a pu pénétrer le star système américain sans le passage obligé de la chanson en anglais. Ils ont tous été obligés de s'y soumettre, que ce soit Ricky Martin (La Vida Loca), Enrique Iglesias (Rythm Divine), Jennifer Lopez (If you had my love), Shakira (Whenever, Wherever), ou Mark Anthony (I need to know).

Tous les Coréens qui se sont essayés en Amérique avant PSY se sont soumis à cette obligation. Se7en et Rain en 2007. BoA l'année suivante avec un album qui a plafonné à la 127e position du Billboard et quelques succès mineurs de discothèque. En 2009, les Wonder Girls ont été le premier groupe coréen à entrer dans le Hot 100 de Billboard avec Nobody, une chanson en anglais qui a plafonné à la somme toute médiocre 76e position.

Girl's Generation, un girl group qui domine l'industrie de la musique de Corée et du Japon depuis 10 ans, une formidable machine qui a ses propres franchises et produits dérivés, une industrie en soi que le magazine d'affaires japonais Nikkei a déjà comparé à Samsung, a suivi en 2011. Même avec deux Coréennes-Américaines dans le groupe et la machine d'Universal Music, elles n'ont pas pu faire mieux que quelques télés et une 110e position pour leur chanson en anglais, The Boys.

Même avec des artistes rodés et le support des majors, les Coréens ont été incapables d'attirer l'attention du grand public américain.

Du moins, jusqu'à ce que PSY arrive au petit galop.

C'était un accident. Il n'y a jamais eu de scénario dans lequel la conquête du marché américain et le vrai succès authentiquement planétaire passait par PSY et une chanson en coréen comme Gangnam Style.

Et pourtant. 2.5 milliards de visionnements sur YouTube, 1re position dans les palmarès de plus de 30 pays, dont la plupart des marchés anglo-saxons, plus grand succès coréen de tous les temps, peut-être le plus grand phénomène musical global depuis Thriller de Micheal Jackson.

Le succès de Gangnam Style n'avait pas été anticipé, mais quand la tempête parfaite c’est produite, PSY a eu l'intelligence de comprendre que ce qui intéressait l’Occident n’était pas la qualité de son accent en anglais, mais le fait qu’il arrivait sur leurs écrans comme un extra-terrestre.

PSY avait compris que les États-Unis n’avaient pas besoin de la Corée pour faire de la pop américaine, mais qu'il y avait peut-être comme le début d'un appétit pour quelque chose de différent. D'ailleurs, malgré les demandes répétés, PSY a toujours refusé de réenregistrer la chanson en anglais.  C.q.f.d.

d0f668412a2e1b2135c8e6860e1ea166-d3ktyw0 image par Katie sur deviant art

Scooter Braun, le gérant américain de CL, est aussi le gérant américain de PSY. Ça sera intéressant de voir quelles leçons il a tirées du succès de Gangnam Style.

CL prépare le terrain pour le lancement de son album et son entrée officielle sur le marché de la pop musique américaine depuis au moins un an avec des participations sur des chansons de producers à la mode comme Skrillex et Diplo.

Au mois d'août 2015 on l'a entendu sur la chanson Dr Pepper de ce dernier avec RiFF RAFF et OG Maco. Dr Pepper est un étrange morceau de pop noire, lent, troubant. On est loin de l'image sucrée qui est associée à la pop de la Corée. Dans le vidéo de Dr Pepper CL est perchée sur le toit d'un Hummer vert fluo et rappe en anglais avec une grimace ennuyée. Son flow en anglais est vernaculaire, paresseux, stoner. Son accent est américain. Il se veut urbain mais il est presque rural.

I ain't got the time, so why you askin'
I got a flight to catch, I'm always travelin'
Get packin'

On se dit que CL, va faire comme les autres artistes coréens qui sont venus avant elle et essayer de passer;  de faire oublier qu'elle vient d'ailleurs et faire un disque américain.

Puis, décembre 2015, nouvelle stratégie. Quelques jours avant le lancement du nouveau vidéo de PSY (dans lequel elle fait d'ailleurs une brève apparition), CL lance un premier vidéo solo pour la chanson Hello Bitches.

Ce n'est pas encore la chanson qui a été choisie pour le lancement de sa carrière américaine a expliqué Yang Hyung Suk, le PDG de YG Entertainment. « Parmi toutes les chansons de son album pour lesquelles n’avions pas prévu de faire de promotion, nous avons choisi Hello Bitches pour faire un vidéo de performance de danse comme promotion de prélancement. »

Une autre foulée dans son élan en attendant le grand lancement. Le vidéo est mis en ligne, on regarde aller, mais la grosse machine n'est pas encore en marche.

Hello Bitches devait à l'origine s'appeler Asian Bitches. CL empile les références à la vie (bling bling) en Orient et les rimes passent de l'anglais au coréen sans avertissement.

Nan jigeum eodiya syoping spree in Tokyo
Wake up in my private jet maeil achim ttottia
Liftin’ cards in Macau naega jeil jallaga
Stop blowing up my phone
Eh won’t you hit me up on Kakao

En fait, Hello Bitches inverse la recette traditionnelle du K-Pop: au lieu d'une chanson en coréen avec un peu de slang urbain et un refrain en anglais, la chanson est bilingue avec un refrain en Coréen.

L'anglais de CL sur Hello Bitches, contrairement à celui de Dr Pepper,  a un flow de langue seconde. Délibéré, facétieux, mais assumé :

Want me to love them long time?
And I tell em NO!

CL teste le marché. Elle cherche sa voix.

Le PDG de YG Entertainment dit être heureux de la réaction du public à la chanson billingue.  «La réception est meilleure que ce à quoi nous nous attendions, j’en suis satisfait. »

Assez pour oser lancer un vrai premier single qui ne serait pas entièrement en anglais?

Courtney  McLachlan de Soompi, l'un des plus importants sites anglophones dédiés à la pop culture coréenne, n’y croit pas, mais admet qu'on ne peut plus exclure la possibilité.

« Elle a expérimenté avec une chanson tout en anglais avec son apparition sur "Doctor Pepper" de Diplo, so c'est évident qu'elle est à l'aise de performer en anglais. Vu les efforts précédents du K-Pop pour "percer" aux États-Unis, nous sommes portés à croire qu'elle va s'essayer avec une chanson en anglais, mais peut-être que sa compagnie, YG Entertainement, attend aussi de voir la réaction à "Hello Bitches. »

Diplo, le producteur de Dr Pepper et un collaborateur de longue date de CL, a déjà laissé entendre qu'il y a au moins une autre chanson bilingue sur l'EP qui va être lancé à l'automne . « Ce sera [étiquetté] K-Pop parce que c'est elle qui le fait, a expliqué Diplo au magazine Time, so ça va venir d'ailleurs et il y aura des paroles en coréen. »

La pop moderne a deux sources : la musique électronique et le hip hop. Deux mouvements culturels universels qui ont une éthique linguistique diamétralement opposée.

Tandis que la musique électronique du monde entier a des lyrics en anglais (voir Daft Punk, Justice, Ratatat et la French Touch), le hip hop est toujours dans la langue natale de l'artiste. Pour être hip hop il faut être authentique. Il faut représenter, sa culture, sa ville, son quartier. Deux façons différentes d'être global : en célébrant ce qui nous rassemble : l'anglais, la langue internationale ; ou, au contraire, en célébrant la différence : la langue locale.

Le K-Pop a des racines dans les deux courants. L'anglais est la langue commune des fans dans le monde entier, mais la musique est d'abord et avant tout en Coréen. Il y a une longue tradition de versions japonaises et chinoises des hits coréens mais, paradoxalement, les versions en anglais n'ont jamais vraiment eu la cote, explique Courtney McLachlan, de Soompi:

« Alors que les fans ont tendance à aimer entendre leurs idoles parler anglais pour s'adresser à leurs fans internationaux, je pense que c'est rare qu'ils adorent les versions anglaises des chansons de K-Pop—peut-être parce qu'ils sont déjà tellement investis dans la version coréenne originale. »

Le succès international et la conquête de nouveaux marchés comme la Chine passe moins par une langue universelle que par la mise sur pied de groupes multiculturels comme Super Junior et Exo qui chantent dans plusieurs langues, explique-t-elle.

« Les versions anglaises sont plus rares,  probablement parce que personne n'a spécifiquement visé le marché US depuis que les Wonder Girls ont essayé il y a quelques années. »

L'avenir de cette idée, que le succès pop planétaire passe obligatoirement et uniquement par l'anglais, dépend un peu de CL et du chemin qu'elle va emprunter.