Anglemonde Observatoire de l'anglais

Anglais à l'Assemblée Nationale du Québec : la théorie du bocal

https://youtu.be/KRLBQG3LQ1s

Le plus intéressant dans l'intervention d'Amir Khadir en anglais à l'Assemblée nationale du Québec est peut-être la décision du gouvernement de répondre à deux questions sur trois en français . En refusant de parler de corruption en anglais, le gouvernement démontrait la justesse de l'allégation du député de Québec solidaire: au Québec, le Parti libéral et des médias complaisants utilisent la dualité linguistique pour isoler l'électorat anglophone.

"Pour «que le Québec ne soit pas soumis aux diktats de l'argent sale ramassé par le Parti libéral, (...) j'estime qu'on est en droit de poser des questions en chinois, en espagnol, en hindi, en farsi et en anglais!»." Questions en anglais: Khadir veut que les anglophones soient informés de la «corruption libérale» | JDQ

Pourtant, comme l'explique Robert Phillipson dans "Linguistic Imperialism", un des grands mythes de l'anglais est justement que ceux qui maîtrisent la langue "universelle" ont accès à "toute" l'information et ne peuvent plus être coincés dans des ghettos médiatiques :

"If one conflates the English-intrinsic arguments, one can conclude that English is God-given, civilizing, noble, a vehicle of the entire developing human tradition, well adapted for change and development, not ethnic or ideological, the world's first truly global language, of universal interest. The conclusion would seem to be that you are in a very real sense deprived if you do not know it." 1

La vérité c'est que les Anglophones sont comme des poissons rouges dans un bocal. Ils regardent une pièce à travers la vitre et pensent voir le monde dans son entièreté, ignorants des autres pièces de la maison, voire du monde au-delà. Nous, pendant ce temps-là, maintenant que nous parlons tous anglais, on peut voir tout ce qui se passe dans leur bocal.

Bien entendu, il y a des Anglos qui lisent d'autres langues. Peut-être même qu'il y en a qui lisent Le Devoir et le Journal de Montréal. Who Knows?

The point is, l'anglais, comme toutes les autres langues, peut vous isoler du monde aussi facilement qu'il peut le rendre un peu plus grand.


  1. Phillipson, Robert (1992), Linguistic Imperialism, Oxford University Press. ↩︎