Anglemonde Observatoire de l'anglais

L'Anglais global, Trump et le Brexit

Réflexion intéressante sur les liens entre l’anglais global et l’émergence des populismes :

“Global policy-makers have been busy talking to each other in global English, without really talking to the people under global governance. They have effectively only been speaking to one part of the nation – those who speak global English. And insofar as they speak to the other part of the nation, it has been through these global English-speaking intermediaries. ” Andropov’s ghost: language and society under global governance – Ballots & Bullets | School of Politics & International Relations, University of Nottingham

Brexit et Trump

À priori, il n’y a rien là qui explique Trump et le Brexit. Comment est-ce que le triomphe de l’anglais global pourrait expliquer la xénophobie et le protectionnisme dans les pays anglo-saxons ?

Peut-être parce que, contre-intuitivement, les Anglos sont les plus grandes victimes de l’anglais.

Comme on peut le voir à Calais, l’anglais attire irrésistiblement les migrants vers l’Angleterre plutôt que vers les autres pays d’Europe.

“With more flexible labour regulation, and employers generally less parochial than on the continent – as well as the huge appeal of being an offshore global English gateway – Britain was ideally placed to attract the brightest and the best of the continent into its booming commercial, financial, media, high tech, educational and creative sectors.” EUROPP – The UK has been one of the main beneficiaries from free movement of labour in the EU

Aux USA, les travailleurs industriels sans emploi craignent les migrants mexicains, mais dans les faits ce sont surtout les diplômés ultra-qualifiés et anglicisées qui arrivent des universités du monde entier qui sont en train de leur ravir les emplois de qualité.

C’est démontré que dans un contexte interculturel, les Anglos sont ceux qui ont le plus de difficulté à comprendre et être compris. Donald Trump a gagné son élection en parlant à ses électeurs avec un vocabulaire de préadolescent, très différent de l’anglais global technocratique des élites cosmopolites desquels l’Américain moyen se sent aussi aliéné que n’importe quel paisano mexicain.

“The Two Nations divide has become a global phenomenon, where globalisation and global governance since the end of the Cold War have fostered cosmopolitan elites, less embedded in their national societies.” Andropov’s ghost: language and society under global governance – Ballots & Bullets | School of Politics & International Relations, University of Nottingham